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[ Quelques articles écrits soit dans le Quotidien de Paris (80%), soit sur le système Missive de France Câbles et Radio , entre 1991 et 1996. Notez que le protocole de courrier électronique de l'époque n'acceptait pas les accents (NOTE: ils ont été reaccentués par l'IA de Deep Seek en juin 2026). Ils sont livrés ici tels quels, sans SR et certains sans accents, à titre de documents historiques, et aussi pour retrouver l'ambiance des années 90 ]
Date d'envoi au journal: 28 JUILLET 1993
LA CIA CRAINT UNE NOUVELLE VAGUE D'ATTENTATS
La crainte d'une vague d'attentats islamiques a poussé la CIA à récupérer de toute urgence tous les lance-missiles Stinger qu'elle avait offerts à diverses organisations rebelles de Kaboul.
DE NOTRE CORRESPONDANT AUX ÉTATS-UNIS PIERRE JOVANOVIC
Craignant une série d'attentats contre les intérêts américains dans le monde, la CIA a discrètement demandé cette semaine à l'administration Clinton 55 millions de dollars (soit plus de 300 millions de francs) de rallonge pour effectuer une sorte "d'offre publique d'achat" sur les quelque 900 lance-missiles thermiques Stinger que la centrale avait "offerts" aux moudjahidins à partir de 1984. Explication de la CIA : "les Stinger coûtaient à l'époque entre 25 000 et 30 000 dollars. Aujourd'hui, ces mêmes lance-roquettes se monnaient à 100 000 dollars au marché noir. Pour éviter toute attaque contre des avions commerciaux américains dans le monde, il nous faut récupérer ces armes". La centrale américaine a aussi demandé à la France de coopérer et de lui garantir que les 120 lance-missiles Milan payés par l'Arabie Saoudite et livrés aux rebelles afghans (entraînés par la DGSE au camp de Cercottes !) ne pouvaient pas être approvisionnés.
Problème majeur : sur ces milliers de lance-missiles sol-air Stinger particulièrement efficaces, seuls 30% sont restés à Kaboul. Le reste de ces armes a été détourné par le service de renseignement pakistanais (chargé par la CIA de distribuer les Stinger aux moudjahidins) ou bien aussitôt revendu à des émissaires d'autres gouvernements, comme l'Iran ou la Libye. Lors de l'attaque héliportée américaine contre des installations insulaires iraniennes, la CIA avait déjà retrouvé quelques Stingers "afghans". Initialement, la centrale de renseignements s'était persuadée qu'elle bénéficiait d'une assurance "retour" en garantissant aux rebelles qu'une fois la guerre terminée, elle échangerait les Stinger contre du matériel médical et humanitaire de première nécessité. Une telle naïveté se paie aujourd'hui très cher.
Néanmoins, depuis un mois, les services de renseignements et les douanes américains sont sur le pied de guerre, visiblement certains qu'après l'attentat du World Trade Center de février et le démantèlement du réseau terroriste new-yorkais, les "fous d'Islam" frapperont à nouveau. Détail fourni par la CIA au Congrès : dans les deux opérations, la police a arrêté des anciens moudjahidins qui avaient utilisé les Stinger dans les montagnes afghanes… Cependant, espérant racheter au moins cinq cents de ces Stinger à 600 000 F pièce, la CIA a tout simplement oublié que son offre d'achat allait contribuer à une nouvelle envolée des prix, faisant le bonheur de la faune très particulière des trafiquants d'armes.
Pierre Jovanovic
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