Les Anges ont toujours le dernier mot...
    Dédicace à PARIS samedi 27 juin 2026 Cercle Aristote 18 passage Dubail , 10e de 14h à 18h30 environ    
Titre PJ 2021
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quotidien de paris

[ Quelques articles écrits soit dans le Quotidien de Paris (80%), soit sur le système Missive de France Câbles et Radio, entre 1991 et 1996. Notez que le protocole de courrier électronique de l'époque n'acceptait pas les accents (NOTE: ils ont été reaccentués par l'IA de Deep Seek en juin 2026). Ils sont livrés ici tels quels, sans SR et certains sans accents, à titre de documents historiques, et aussi pour retrouver l'ambiance des années 90 ]



Date 19 OCT 1993

ESPIONNAGE: L'AVION QUI N'EXISTE PAS

Les Américains ont bien remplacé l'avion-espion SR-71 et le désormais trop connu F-117 par un modèle hypersonique top secret volant six fois plus vite que le son. Nom de code "Aurora". L'US Air Force nie toujours son existence. Mais elle a aussi farouchement nié l'existence du U-2 et plus récemment du F-117 "Stealth". Un seul problème, cet avion survole régulièrement la vallée de San Gabriel.

avion aurora CIA NSA


DE NOTRE CORRESPONDANT AUX ÉTATS-UNIS PIERRE JOVANOVICXTXYDC Pasadena. Petite ville à l'ouest de Los Angeles, réputée dans le monde par la communauté scientifique pour abriter le CalTech, le Jet Propulsion Laboratory et surtout un organisme que les Californiens connaissent bien, et pour cause, le Centre d'études sismiques qui surveille 24 heures sur 24 les moindres mouvements de la ligne San Andreas grâce à des milliers de capteurs répandus le long de la faille, dans le désert et le long de la côte du Pacifique. Depuis quatre ans maintenant, les recoupements d'innombrables témoignages décrivant un avion à la sonorité étrange volant au-dessus du désert du Nevada associés aux réactions conjuguées et instantanées des ordinateurs du Centre d'études sismiques de Pasadena ont permis de dresser son plan de vol le plus fréquent : départ de la base ultra-secrète de l'US Air Force de Groom Lake (Nevada du Sud), cap ouest, parfois ouest-nord-ouest, survol fréquent de l'île Santa Cruz (proche de Santa Barbara) ou bien de l'île Catalina, voisine de l'aéroport de Los Angeles. Parfois, cet avion pas invisible du tout trace une simple ligne droite entre Groom Lake et Point Dume, au nord de Malibu. Quant aux habitants de la vallée de San Gabriel, il y a longtemps qu'ils sont habitués au survol de cet avion décidément très mystérieux. Les nouveaux téléphonent aux opérateurs du 911 (l'équivalent du "police secours" américain) pour rapporter soit un tremblement de terre, soit un OVNI, au choix.

L'Aurora n'est pas invisible du tout parce que les tours de contrôle de Santa Monica et de LAX ont bien remarqué un "spot" sur leurs radars, témoin d'un avion non-identifié volant à Mach 3 et dont les monstrueux "bang" répétitifs affolent les détecteurs sismologiques qui signalent aussitôt un tremblement de terre. Au centre de Pasadena, c'est même devenu un passe-temps que d'essayer de repérer cet avion-espion car sa "signature" (airquake) diffère catégoriquement de celle de la navette spatiale et d'autres avions parfaitement identifiés comme le B1-B dont les nids se trouvent dans les bases californiennes d'Edwards.

Pour bien comprendre l'importance de cet avion stratégique et ultra-secret, il faut se rendre dans le désert du Nevada, à Groom Lake, base aérienne nichée entre les montagnes, dont le décor rappelle celui du film "Bagdad Cafe". C'est le berceau des appareils U-2, SR-71, B1-B, F-117 et A-12 qui ont servi aux missions d'espionnage aérien de la communauté du renseignement américain. La piste d'atterrissage mesure presque 10 kilomètres (!) et les observateurs locaux ont noté l'ajout d'innombrables bâtiments entre 1986 et 1993, indiquant une activité intense de l'US Air Force. Encore aujourd'hui, les rares habitants notent les atterrissages et décollages quasi quotidiens de transports de personnel Boeing 737. Et celui qu'on appelle Aurora, nom de code apparu une seule fois en 1986 sur une ligne du budget du Département de la Défense, décolle toujours de là, la nuit bien sûr. Volant à Mach 6 (certains disent Mach 8), il n'a guère besoin d'une technologie "invisible" tout simplement parce qu'à cette vitesse, aucun missile ne peut le rattraper et aucun radar ne peut le suivre. Les radars n'ont pas été programmés pour de telles vitesses. Quant aux missiles, ils ne peuvent pas suivre. Vitesse maximale : 7000 kilomètres à l'heure. Le trajet Las Vegas-Paris lui prend moins de trois heures. Une paille.

avion secret aurora de la CIA et de la NSA


Les services de renseignement anglais l'ont repéré à plusieurs reprises volant au-dessus de la mer du Nord, sans doute pour prendre quelques photos des bases navales russes. Selon les divers témoignages qui ont permis de réaliser un "portrait-robot", son fuselage semble être issu de l'accouplement entre un F-117 et "une" SR-71. Ou bien entre "une" X-15 et un B1-B. Les spécialistes affirment que la technologie retenue pour l'Aurora est celle du moteur combinant la technologie supersonique et la propulsion cryogénique de fusées, mélangeant oxygène et méthane liquides. La turbine fonctionne sous deux modes : atterrissage/décollage avec l'air entrant directement dans la turbine à basse vitesse, et haute vitesse de croisière avec la turbine fermée.

Tout récemment, la présence d'Aurora a été également reportée sur la base US Air Force de Beale, un patelin perdu du Yuba County en Californie où le major Adolphus Bledsoe, à bord de son avion-espion SR-71, a battu le record de vitesse du 1 000 kilomètres à 3 347 km/h le 27 juillet 1976. Ceux qui ont vu passer Aurora parlent d'un avion muni de feux de position rouge sur le nez, blanc sur chaque bout d'aile et ambre sur la dérive.

Mais, plus étrange, toutes les descriptions font état d'une lumière puissante, "scintillante comme un diamant", sortant des tuyères. Mais finalement, que veut dire Aurora ? En consultant une encyclopédie américaine, on trouve l'explication suivante : "Aurora, luminous display of various forms and colors in the night sky...". Le nom de code de cet avion secret contient donc bien l'une de ses caractéristiques majeures, la luminosité très particulière produite par la combustion de ses moteurs. Mieux, il a été vu escorté par deux F-117 et un avion ravitailleur KC-135Q. Dès qu'il a rejoint les deux F-117 (ses deux guides), Aurora a éteint ses feux de position, ne laissant derrière lui qu'un son étrange, mélange de grondement monstrueux et pulsé, et cette lumière proche des éclats renvoyés par un diamant. Enfin, l'activité sismologique directement associée aux "bangs" non expliqués a commencé à partir de juillet 1991. Hasard, l'US Air Force venait d'annoncer sept mois auparavant qu'elle retirait le SR-71 de sa flotte afin d'économiser 200 ou 300 millions de dollars par an. Sur un budget estimé à 4 milliards de dollars, il s'agit d'un poste mineur. Officiellement, le service de presse de l'US Air Force répond que le programme Aurora n'existe pas. Mais elle dit la même chose de la base de Groom Lake, qui, elle non plus, "n'existe pas" et il nous faudra attendre sans doute encore cinq ou six ans avant de découvrir ce diamant du désert.

Pierre Jovanovic

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