Les Anges ont toujours le dernier mot...
    Dédicace à PARIS samedi 27 juin 2026 Cercle Aristote 18 passage Dubail , 10e de 14h à 18h30 environ    
Titre PJ 2021
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quotidien de paris

[ Quelques articles écrits soit dans le Quotidien de Paris (80%), soit sur le système Missive de France Câbles et Radio, entre 1991 et 1996. Notez que le protocole de courrier électronique de l'époque n'acceptait pas les accents (NOTE: ils ont été reaccentués par l'IA de Deep Seek en juin 2026). Ils sont livrés ici tels quels, sans SR et certains sans accents, à titre de documents historiques, et aussi pour retrouver l'ambiance des années 90 ]



Date : mars 1994

LE NOUVEAU FEMINISME: L'HYSTERIE DES CISEAUX

On pensait que le feminisme des annees 70 s'etait stabilise et qu'il rendait progressivement son ame, pour la plus grande joie des amoureux du porte-jaretelles. Pas du tout. Comme les foyers d'incendie, il renait de ses cendres. Voici le "nouveau feminisme" auquel on ne peut attribuer qu'un seul symbole: les ciseaux.

le feminisme veut tuer les hommes


DE NOTRE CORRESPONDANT AUX ETATS UNIS PIERRE JOVANOVIC

Christian L. dirige une grande banque française à Los Angeles. Ses bureaux, nichés dans les derniers étages de la Citicorp Building, offrent une vue imprenable sur le quartier des affaires de la ville. Ambiance feutrée, impression de pouvoir, moquette épaisse et lampe Tizio. Le sommet d'une carrière. Et pourtant, dans cette société, les principaux soucis de tous les banquiers présents ne sont pas les emprunts de plusieurs millions de dollars ou les derniers taux de Wall Street. Non. Leur souci est assez insidieux, presque sournois car il affecte leur vie de bureau de tous les jours. Pire, de chaque instant : « Lorsque ma secrétaire me tend un dossier », nous raconte le directeur de cette banque, « je dois faire attention à ce que ma main n'effleure pas la sienne. Lorsque je lui parle, je dois m'efforcer de lui parler comme à un homme et non à une femme.

On ne peut même plus inviter une collaboratrice à déjeuner, sans qu'immédiatement il n'y ait dans l'air une connotation sexuelle. Le moindre geste équivoque ou simplement maladroit vous met sous le coup du harcèlement sexuel. D'ailleurs nous avons reçu des instructions dans ce sens, nous demandant de faire extrêmement attention à notre comportement. Dans les pays naguère communistes, les gens devaient toujours faire attention à ce qu'ils disaient, par peur de la police politique. Eh bien ici, nous en sommes arrivés à quelque chose de similaire et cela devient franchement sinistre. »

Serait-ce une tentative de mettre les Français, célèbres « french lovers », au pas ? Pas du tout. Changeons de tour et de banque, et allons à la First Interstate. John D. est vice-président de la branche « prêts immobiliers ». Salaire mensuel : 350 000 francs. Au dernier étage où se trouve son bureau « vice-présidentiel », tout à nouveau respire les centaines de millions de dollars. Presque l'ambiance d'une banque suisse. « Il y a environ un mois, je me trouvais avec un ami à la cafétéria. À cinquante mètres de nous, une jeune femme s'est levée et s'est dirigée vers les ascenseurs. Et j'ai dit doucement à mon ami : "elle a vraiment un très beau c..". Il était d'accord. Puis nous avons parlé d'autre chose. Le lendemain, je recevais un coup de fil du directeur du personnel. Dans son bureau, il m'expliqua, avec un certain mépris, qu'il avait enregistré la plainte de mademoiselle X, à qui j'avais fait des commentaires à caractère sexuel. J'étais outré. Elle n'avait pas pu nous entendre. Après discussion et enquête, j'ai appris que c'était une secrétaire derrière nous qui s'était dépêchée de lui rapporter la chose. Cette personne a aussitôt averti le directeur des relations humaines… Je peux vous dire que dans cette banque, les femmes font régner la terreur et l'air est devenu irrespirable. Vous, Français, cela vous fait sourire, mais croyez-moi, j'ai le sentiment que nous, hommes, ici, sommes devenus des cibles, des victimes. Pour que le PDG ait peur de sa secrétaire, il y a vraiment quelque chose de pourri dans les relations hommes-femmes. »

Mais jusqu'où va donc se nicher le « nouveau » féminisme ? L'affaire Clarence Thomas (en 1991 une secrétaire a poursuivi Thomas, futur membre du gouvernement pour « harcèlement sexuel », harcèlement vieux de… 10 ans !) a dopé les féministes. De 5 694 cas de harcèlement enregistrés par l'Equal Employment Opportunity Commission en 1991, on est passé à 11 000 cas pour 1993. Et l'année n'est pas terminée.

PROCÈS : LE MENU POUR DAMES N'AVAIT PAS DE PRIX

« Un jour, mon maître d'hôtel me téléphone pour me dire qu'une dizaine de journalistes et télévisions attendaient devant la porte du restaurant », se souvient Virginie Ferry, gérante de « L'Orangerie », un restaurant français grand luxe de Los Angeles. « J'ai paniqué, j'ai pensé qu'on avait empoisonné une célébrité ou qu'on avait trouvé un cadavre devant la grille. Pas du tout. En fait, la veille, une leader féministe avait dîné chez nous. Et, comme nous faisons en France, le garçon a donné le menu avec prix au monsieur, et le menu sans prix à la dame, la féministe. Le lendemain, le restaurant était à la une des quotidiens et des journaux télévisés, accusé de "discrimination" par tous les mouvements féministes. Je sais, à Paris, ils ne vont jamais le croire ! Mais maintenant, on donne les mêmes menus à tout le monde. »

Et si les « nouveaux romantiques », comme les « nouveaux philosophes » n'ont pas duré très longtemps, le mouvement des nouvelles « pétroleuses » (sans plomb, selon un diplomate) risque d'avoir des conséquences plus que fatales pour les hommes qui, du plombier au banquier, ne peuvent s'empêcher de siffler sur le passage d'une belle fille. Une juriste américaine de la Northwestern University prépare un projet de loi, condamnant tout commentaire ou geste qui porteraient atteinte à l'intégrité d'une femme (sic). Donc, siffler d'admiration au passage d'une secrétaire américaine deviendra, peut-être, un crime. Qui l'aurait cru ? Même l'ancien premier ministre serbe, Milan Panic, de retour aux États-Unis après son aventure politique, a été accusé de harcèlement sexuel par l'une de ses ex-collaboratrices, licenciée pour alcoolisme chronique. Réalisant que Panic était devenu célèbre, elle a essayé de lui soutirer quelques centaines de milliers de dollars, en l'accusant de tentative de viol. Rien de plus normal : aujourd'hui, dans tout quotidien américain ou magazine « branché », les avocats achètent des encarts publicitaires avec l'accroche « Vous avez été harcelée sexuellement ? Votre patron vous a fait des avances ? Venez nous voir pour étudier l'action légale ». Voici deux semaines, même une « contre-espionne » du FBI a attaqué l'agence de renseignement pour… harcèlement sexuel. Ce nouveau féminisme attaque aussi le couple marié. Exemple, extrême certes, mais significatif des implications du nouveau féminisme sur les esprits faibles, celui de cette jeune femme qui a castré son mari, 26 ans (un Marine !), non parce qu'il l'avait trompée, mais parce qu'il lui a fait l'amour sans son consentement…

Cette furie féministe va jusqu'à être enseignée dans les universités. L'hebdomadaire Newsweek, lui aussi étonné par ce « nouveau féminisme », rapporte que dans l'Antioch College, on enseigne aux étudiants l'accouplement « 100% consensuel », ce qui veut dire que si un étudiant se retrouve au lit avec une étudiante, il doit lui demander l'autorisation pour chaque étape. « Si vous voulez enlever son chemisier, vous devez demander, si vous voulez toucher ses seins, vous devez demander, si vous voulez glisser votre main sur ses parties génitales, vous devez demander. Si vous voulez lui introduire un doigt (sic), vous devez demander », rapporte, étonnée, Sarah Chrichton dans Newsweek. Et, faut-il le rappeler, les cours sont donnés aux garçons par des femmes. L'horreur absolue de l'amour. S'il est dit que les Américains n'ont jamais rien compris à la gastronomie et encore moins à l'amour (on dit que les deux sont liés), on en trouve là une illustration plus que symptomatique. « Quel est l'intérêt du sexe, sinon de perdre le contrôle de ses sens ? » se révolte la journaliste du magazine. Du coup, le jeune Américain est progressivement émasculé psychologiquement et il apprend qu'il ne doit surtout pas faire le premier geste. Il doit être dragué par la jeune fille qui l'a choisi pour la nuit. Autres temps, autres mœurs, diraient les anciens.

PERDRE LA TÊTE ET LE RESTE

Autre ingérence du « nouveau féminisme » : les soirées au cours desquelles l'alcool fait tourner la tête, c'est bien connu, surtout des Américaines. Aujourd'hui les féministes US demandent aux femmes qui ont cédé aux avances d'un homme, alors qu'elles avaient un peu bu, de porter plainte pour viol. Là, on change de registre, puisque l'on passe du harcèlement au viol. La Femme, vulnérable, fragile et innocente, victime de l'Homme brutal et vicieux, après un moment d'égarement. « Peut-être qu'à l'avenir on sera obligés de leur faire un alcootest avant de les embrasser ou de leur faire l'amour », remarque un Yankee qui commence à se poser de sérieuses questions sur les relations homme/femme. »

Plus curieux, sous la terrible pression féministe des années 70-80, l'homme américain a en partie démissionné. Témoins les divorces qui en ont laissé plus d'un en caleçon sur le bord de la route. Pour cette raison, il est désormais classique, juste avant un mariage, de faire signer à la future mariée un « prenuptial agreement », dans lequel elle s'engage à ne réclamer aucune compensation financière en cas de divorce. L'acteur Burt Reynolds, qui a oublié ce « détail », vient d'en faire la douloureuse expérience lors de sa séparation. Son ex-femme lui réclame 5 millions de dollars de compensation. Mais non, la démission de l'homme américain n'a pas suffi aux féministes. Elles veulent « encore plus », dirait François de Closets, et mènent l'Amérique, à pas lents mais sûrs, vers la société dominée par les femmes dénoncée par le romancier allemand Günter Grass dans « Le Turbot ». Encore plus « drôle » : récemment, trois danseuses d'un théâtre porno ont attaqué leur patron pour… harcèlement sexuel (elles ont d'ailleurs eu gain de cause). Il n'y a vraiment plus de valeurs.

Pierre Jovanovic

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